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Lettre ouverte à Monsieur Larrivé, député de l’Yonne
Votre invitation autour d'un buffet bourguignon : ouvrez le ban !
Monsieur,
Je reçois votre lettre du 24 juillet accompagnée d'un article du Figaro titré « Je souhaite que le chef de l'État et le gouvernement réussissent ». Permettez-moi de vous exprimer ma plus totale réprobation.
L’engagement fondateur de votre existence politique relève d'un parti, Les républicains, et de son corpus d’idées, ce par l’entremise d'électeurs qui vous ont envoyé à l'Assemblée Nationale. Vous leur en êtes redevable, vous les trompez et vous vous trompez en faisant "la danse du ventre" devant Macron, ancien ministre du socialiste Hollande. L'espoir de voir décoller votre carrière politique vous mène à toutes les trahisons, même si vous habillez votre reniement de belles intentions ou saisissez l'opportunité d'une crise pour travestir votre déloyauté. Cette manœuvre ne trompe personne et constitue une forme de lamentable coming out politique.
Vous et d'autres élus prenez la responsabilité de détricoter tout un pan de l'opposition de Droite qui en sortira rincée, décomposée, peut-être même marginalisée.
Qui tirera "les marrons du feu" ? Les partis de l’extrême-gauche (LFI & EELV) où bien encore le RN qui apportera sur un plateau la présidence, in fine, à Macron ?
C’est bien là votre pari, tout miser sur Macron pour un deuxième mandat vous ouvrant, pensez-vous, les portes du pouvoir et des ministères. Quel lamentable jeu politicien, quel cynisme...
Vous n'avez pas eu de mots assez durs pour Macron et sa politique, écrivant même il y a seulement dix-huit mois un livre « Le coup d'état Macron », pour aujourd'hui le célébrer. Quelle préface donniez-vous à votre livre ?
« Plus d’un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, le moment est venu de démontrer et dénoncer la logique de son règne : celle d’un coup d’État insidieux, par lequel le Prince cherche à accaparer, mois après mois, tous les pouvoirs de l’État.
Sa présidence égocratique est celle d’une régression antidémocratique : un principat concentré dans les mains d’un homme et des palatins qui composent sa cour. Et parce qu’il est le premier lieu du pluralisme et de la défense des libertés, le Parlement est aussi le premier à être attaqué.
Mais l’étrange coup d’État Macron aboutit à un paradoxe : le président de la force est celui de la faiblesse. Tandis que le Prince s’empare de la République, la nation est fracturée par l’impuissance de l’État à protéger vraiment les Français et à dessiner notre avenir. Pour que la France se réconcilie avec elle-même, il faut préparer, dès maintenant, l’après-Macron. »
Votre posture actuelle n’en est que plus ignoble et représente une forme de parjure.
Vous qui avez voté contre le projet de loi relatif à la bioéthique en première lecture, n'étiez même pas présent dans l’hémicycle pour la deuxième lecture. Lamentable attitude. Cette loi est fondamentalement mauvaise et vous trouve déjà consentant, prêt à n'importe quoi pour fouler les marches du pouvoir.
Je ne suis encarté Les Républicains qu’automatiquement par mon adhésion à Sens Commun. Tout cela est bien fini avec un amer sentiment de trahison, un grand vide politique et le sentiment d'une duperie de plus.
Et vous osez revendiquer votre présidence de la Fédération LR de l'Yonne ! Pourquoi ne pas rejoindre le parti macronien puisque vos idées vous y inclinent ? Pour garder deux fers au feu ? Soyez cohérent, soyez courageux, allez au bout de vos idées !
Soyez néanmoins rassuré, vous aurez toujours le soutien de la majorité de vos collègues icaunais, des électeurs et militants sans colonne vertébrale politique qui rougissent de plaisir aux petites attentions du gentil Guillaume. Le buffet bourguignon auquel vous m'invitez le 17 septembre relève tout à fait de ce racolage électoral lamentable, je n’y participerai pas.
Monsieur le député Larrivé, préférer votre carrière personnelle au redressement de la France vous apportera des honneurs mais vous aura fait perdre le vôtre.
Recevez mes plus sincères condoléances pour cet honneur perdu.
Jean-Luc Boulard,
