ça détonne dans le concert des anges à la gloire du grand Timonier...
Chirac : douze ans pour rien (ou presque)
Philippe Manière pour Challenges
© AFP/Archives - PATRICK KOVARIK Chirac
Toute sa vie, Jacques Chirac aura été un séducteur : ceux qui l’ont connu ont tous en mémoire son humour, sa chaleur, sa simplicité. Il en va de même de l’opinion en général : quatre Français sur cinq gardent de lui un bon souvenir. Pourtant, à bien des égards, sa présidence aura été inutile et navrante.
Soyons juste : il y a bien sûr l’important discours du Vel d’Hiv et la reconnaissance trop longtemps attendue de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs. Il y a aussi le refus (rétrospectivement peu contestable) d’accompagner les Américains en Irak. Il y a enfin l’entrée dans l’euro, choix opéré dès 1995 et que le gouvernement Jospin n’a plus eu qu’à entériner. Dans le fond, par trois fois, ce gaulliste a été à la hauteur lorsque notre pays avait rendez-vous avec l’Histoire et avec le monde. Le malheur est que, pour le reste, Chirac a persisté dans une inaction obstinée qui, précisément, a réduit à presque rien la capacité de la France à être à la hauteur des défis du futur.
En matière de réformes, le bilan de sa présidence est pathétique. Dans la colonne des « plus », une seule ligne : un beau début de remise à plat, en 2003, du système de retraites, en particulier s’agissant des fonctionnaires. Les « moins » sont innombrables, du recul en rase campagne devant les grévistes début 1996 au surréaliste « retrait », dix ans plus tard, de la loi créant le Contrat Première Embauche (pourtant votée par le Parlement !) Rien ou presque n’a été fait entre 1995 et 2007 pour enrayer la dérive du pays sur les critères-clés - compétitivité, pression fiscale, déficits : durant 12 ans, Chirac a regardé la France couler.
Préférence pour l'immobilité
Pire : il a personnellement contribué à dégrader son image. Hébergé par une puissance étrangère dès son départ de l’Elysée (lequel soldait pourtant un bail de 40 ans nourri-logé-blanchi par le contribuable), seul président français condamné en justice (en 2011, pour « détournement de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt », tout de même), Jacques Chirac aura personnifié toute sa carrière une action politique dénuée de toute vision et tissée d’arrangements sordides.
Sans doute parce qu’il n’était que l’incarnation d’une « préférence pour l’immobilité » au vrai nationale, les Français ne lui en veulent pas et préfèrent se souvenir en souriant de ses aphorismes canaille – dont le fameux « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », qui le résume à merveille. Une autre de ses phrases-fétiches concentre hélas en creux ce qu’on peut lui reprocher : « Un chef, ça doit cheffer ! »
Ferrand : le mirage de la République exemplaire…
Ferrand : le mirage de la République exemplaire…
Le quatorzième président de l'Assemblée et quatrième personnage de l'État a déjà les mains sales et une moralité des plus douteuses... Qu’on en juge.
Alors qu’il est directeur général des Mutuelles de Bretagne, poste clé dans l'organigramme, il convainc son conseil d'administration de louer un local à Brest pour ouvrir un centre de soins, local qu’il se charge de trouver.
A cette fin il fait acheter à la SCI tout juste déclarée et détenue par sa concubine, un local dont le prix d'achat sera remboursé en dix ans par le loyer annuel consenti par la mutuelle. Ne prêtant qu’aux riches, une banque consent un prêt qui couvre intégralement l’investissement et les frais de notaire. Au passage, les travaux d'aménagement intérieur seront réalisés au frais de la mutuelle, il n’y a pas de petits profits !
Une affaire de rêve, acquérir en dix années un bien immobilier d’environ un demi-million d’euros, sans investir un seul centime et sans risque…
Pourquoi n’a-t-il pas fait profiter son employeur de ses talents de spéculateurs immobilier au lieu de s'enrichir sur le dos des mutualistes ?
Pour compléter son profil de profiteur, on retiendra qu'il gratifiera son ex-femme de quelques marchés d'aménagement de locaux gérés par les Mutuelles de Bretagne puis, pour faire bonne mesure, après son élection de député en 2012, il se verra octroyer une rémunération de chargé de mission à hauteur de 1250 € par mois par la nouvelle directrice générale des Mutuelles de Bretagne, bonne copine dont il embauchera ensuite le compagnon comme assistant parlementaire.« Passe-moi la rhubarbe, je te passerai le séné »...
Comme d’autres, il n'hésitera pas à solliciter son fils Émile pour quelques mois en remplacement d'un de ses assistants parlementaires
Le procureur de Brest avait bien ouvert une enquête préliminaire en juin 2017, classée sans suite en octobre !!! Il avait invoqué la prescription s’agissant d’un éventuel délit de prise illégale d’intérêts et jugé que les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie n’étaient « pas constituées ».
La « République des coquins et des copains » ! Dixit le député socialiste Luc Carvounas, un connaisseur et ancien ami politique !
Comment les députés, les responsables politiques aux affaires peuvent-il retomber toujours dans les travers qu’ils dénonçaient hier ? Où est cette République exemplaire ?
Jean-Luc Boulard,
vendredi 13 septembre 2019
Agression mortelle au couteau survenue samedi soir à Villeurbanne
Voici les premières réactions politiques à l'agression mortelle au couteau survenue samedi soir à Villeurbanne, dans l'agglomération lyonnaise, admirez les variations sur un même thème, une même info !
Cela va de l’hommage aux pompiers, à la Police qui veille, au pauvre Afghan, etc...
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national: « De nationalité afghane, l'un des suspects de l'attaque au couteau de Villeurbanne est par ailleurs un demandeur d'asile. La naïveté et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sécurité des Français ! »
Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France: « J'apprends que l'auteur de l'attaque au couteau à Villeurbanne est un demandeur d'asile afghan. Combien de temps les Français devront-ils encore supporter le laxisme migratoire du gouvernement ? »
Bruno Bonnell, LREM: « Les informations qu'on a à ce stade montreraient que c'est plutôt un acte isolé d'une personne qui était en recherche d'asile, venant d'un pays très éloigné de la France, l'Afghanistan, peut-être qui a vécu des choses terribles sur son voyage ou là-bas, et qui n'a peut-être pas supporté beaucoup de choses et qui rentre dans une crise de démence. Il faut faire attention de ne pas réagir à chaud pour ne pas stigmatiser des populations ».
Patrick Kanner, PS: « Agression à Villeurbanne: un mort et plusieurs blessés. Un bilan terrible qui a démontré une nouvelle fois l’efficacité des sapeurs pompiers, toujours en première ligne pour nous protéger. »
Julien Aubert, LR : « Il faut revoir de fond en comble ce droit qui est dévoyé, pour le réserver aux vraies victimes et ne pas en faire une passoire d’immigration illégale. Que la France demande à la justice afghane de régler elle-même le cas de son ressortissant ! »
Christophe Castaner : « la police nationale est mobilisée, sous l’autorité du procureur de la République, pour faire toute la lumière sur l’agression » et que « [ses] premières pensées vont aux proches et à la famille du jeune homme qui a perdu la vie ».
Le procureur de la République de Lyon : « Il s'agirait d'un homme de nationalité afghane connu sous deux identités différentes, avec trois dates de naissance déclarées. Il serait âgé de 33, 31 ou 27 ans »
Des artistes nos politiques !
