Dérives logiques de la pornocratie
Dérives logiques de la pornocratie
L’actualité n'en finit plus de délivrer son lot journalier de révélations sur des notabilités victimes ou coupables d'agressions ou de harcèlements sexuels.
L’on peut évidemment se féliciter que ces actes soient enfin dénoncés, que la parole se libère, mais ne sont concernées que des personnalités médiatiques, les autres resteront dans l’anonymat, comme malheureusement depuis la nuit des temps. Anecdote, j'avais été choqué à l'époque, en août 68, par une lettre que m'envoyait un camarade de classe durant les vacances et qui m’écrivait « je bosse toujours chez M. R., à l’Hôtel de France, le patron c'est un maquereau, il baise les serveuses sinon il les met à la porte, un drôle de patron »
Néanmoins la médaille a son revers et l'on assiste malheureusement à une ambiance malsaine d'épuration, de tribunaux populaires examinant rapidement les délations mise sur la place publique avant de souscrire au lynchage, sans autre forme de procès et quelle que soit la gravité ou la véracité des faits.
Cette poussée de fièvre cadre mal avec notre société permissive hyper sexualisée, plongée en permanence dans un érotisme mâtiné de porno-chic.
Nous pourrions peut-être, nous les hommes, dénoncer ce harcèlement sexuel que nous imposent journellement les médias, la mode et sa traduction dans nos rues, Internet, le cinéma.
Que dire du viol des consciences de certains cours d'éducation sexuelle à l'école.
Que dire de cette agence voulant mettre en relation tarifées étudiantes désargentées et vieux messieurs riches.
Que dire de ces soi-disant œuvres d'art, à connotations toujours pornographiques, déversées sur la place publique et qui défraient chaque année l’actualité, tout cela avec l’assentiment de l’Etat et des fonds publics (actuellement «Domestikator», viol allégorique, sculpture que le Louvre a refusée, installée devant le Centre Pompidou dans le cadre de la Fiac et qui représente un humain sodomisant on ne sait qui au juste)…
Et pourquoi ne pas garder le mot de la fin pour Harvey Weinstein qui, finalement fait mine de se dédouaner sur cette culture pornocrate qui nous submerge depuis un demi siècle : « J’ai grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes, ajoute-t-il. C’était la culture à l’époque. »
Jamais la maxime de Bossuet n'aura été autant porteuse de sens lorsqu’il écrivait : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. ».
Jean-Luc BOULARD
Dimanche Sens le 5 novembre 2017